La ville de Nouakchott (Avril 2019)

Je n’ai jamais imaginé que je visiterai un jour la Mauritanie. Pourtant, notre Président Tunisien, Habib Bourguiba était le premier Président Arabe qui a reconnu la Mauritanie lors de son indépendance, en tant qu’un pays arabe. Les Mauritaniens n’ont pas cessé de me répéter cette information pour exprimer leur amour envers les Tunisiens et notamment leur reconnaissance à Bourguiba. J’avais également des collègues Mauritaniens à l’Université de Tunis et ils étaient toujours appréciés par tous les étudiants tunisiens.

Généralement, les étudiants mauritaniens sont très forts en langue arabe. En fait, ils avaient raison quand ils ont dit que la Mauritanie est le pays au million des poètes. En Mauritanie, il est assez facile pour eux de concevoir quelques vers sur le champ, sous l’effet de l’instant présent. Ainsi, j’ai savouré des vingtaines de poèmes à chaque fois que l’occasion se manifeste : au cours d’une conférence ou lors d’un dîner sous la tente, ou au cœur de la Sahara. Bien évidemment, je n’ai pas quitté la Mauritanie sans que qu’un frère mauritanien m’a offert un vers. Je n’oublierai jamais ce détail, car nous les femmes, on aime toujours la poésie.

Puis, je pensais à mon arrivée que je ne trouverai pas de routes en Mauritanie et que je me retrouverai en plein Sahara avec les chameaux. Je me suis, par contre, retrouvée dans une ville comme toutes les villes en voie de développement : Nouakchott. Etant donné que le Sommet Arabe a eu lieu ici en 2016, il a fallu préparer la ville pour recevoir les Présidents arabes. Au centre de Nouakchott, il y avait le Palais des Congrès, mais il y avait comme dans toutes les capitales du monde, des hôtels, des boutiques, des supérettes, etc.

Comment vivre au rythme d’un Mauritanien ou d’une Mauritanienne?

Les seules choses qui n’ont pas changé chez les Mauritaniens : leur habit traditionnel et leur amour pour le Sahara.

Ainsi, vous ne pouvez pas être en Mauritanie et vous ne portez pas leur habit traditionnel, que vous soyez homme ou femme. Bien qu’en Tunisie, par exemple, on a consacré une journée pour porter notre habit traditionnel, les Mauritaniens tiennent toujours à leur héritage vestimentaire, qui s’adapte avec le contexte dans lequel ils étaient : le Sahara.

Mon avion annulé d’ailleurs, m’a offert l’opportunité de vivre une soirée inoubliable au cœur de la Sahara. Je marchais les pieds nus sans avoir peur ni des scorpions ni des serpents, et ceci m’a offert une sensation magique, que je n’ai jamais senti auparavant. Je me suis sentie libre, ivre de joie et de bonheur… Puis, nous avons savouré un thé mauritanien, en contemplant la lune.

Le thé mauritanien est le meilleur des thés goûtés, dans le monde. Il est même meilleur que le thé marocain (Excusez-moi mes amis Marocains). Les Mauritaniens ont une tradition spéciale avec le thé. Vous devrez prendre trois petites tasses de thé, c’est-à-dire, une fois que vous finissez la première tasse, on vous ajoute une deuxième puis une troisième. Ils sirotent le thé à maintes reprises tout au long de la journée. C’est bel et bien mon cas en Tunisie, bien que les Tunisiens adorent le café.

Quant à la cuisine mauritanienne, il semble difficile de faire le choix entre la viande rouge, le poulet et le poisson. Tout est délicieux et bon à savourer. Mais ils ont le meilleur poisson du monde. Quelqu’un m’a dit que la Mauritanie, qui s’ouvre sur l’Océan Atlantique, ne consomme que le 7 % de sa richesse maritime. Ensuite, cher lecteur, je vous laisse imaginer notre dîner, sous la tente, au bord de l’Océan Atlantique. C’était un dîner inoubliable !. De plus, en passant par la Mauritanie, n’oubliez pas de goûter le lait de chamelle. C’est bénéfique pour la santé.

Les Mauritaniens, un comportement qui sort de l’ordinaire

La générosité mauritanienne n’a pas de limite. Les Mauritaniens sont généreux et chaleureux. Abdel Bari Atwan, qui était invité comme moi, le disait dans son article publié à son retour à Londres « Je n’ai jamais été accueilli de cette façon ». Ils sont très gentils les Mauritaniens d’une façon inimaginable. De plus, le respect qu’éprouve le Mauritanien pour sa femme est incomparable avec n’importe qu’elle expérience dans le monde. En Mauritanie, la femme n’a pas besoin de lois pour avoir ses droits quand elle est divorcée. L’homme lui donne systématiquement ses droits sans recours à la cour ou toute autre autorité.

De même, la femme mauritanienne est très forte, beaucoup plus que la Tunisienne. Son effort est reconnu par les hommes mauritaniens qui ne cessent d’encourager leurs femmes pour réaliser leurs objectifs dans la vie. C’est bel et bien le cas du réseau des journalistes mauritaniennes qui ont réussi à développer de nombreux projets.

Au sujet de la vie de couple, il y a une confiance totale entre les partenaires. Puis, les femmes obèses sont appréciées en Mauritanie. Les femmes divorcées sont également beaucoup plus appréciées que les célibataires, contrairement à la culture des autres pays arabes. Ainsi la femme mauritanienne qui s’engage six ou sept fois, devrait être fière de son exploit et elle a plus de chances pour se remarier. Mais ceci explique déjà la raison pour laquelle le pourcentage de divorce est en évolution. En Mauritanie, le divorce est une décision naturelle quand un couple ne pourrait plus continuer ensemble et elle n’est jamais critiquée.

Les médias en Mauritanie : présence des moyens et de volonté en absence des compétences

Quand on m’a dit que je suis invitée à une interview télévisée, je pensais que la télévision a été récemment mise en place et pareillement pour la radio, quand on était invité le dernier jour de notre séjour à un débat radiophonique. Il s’est avéré que ces médias publics ont été mis en place depuis les années soixante. Mais l’équipement a été renouvelé au fil des années grâce à des dons allemands ou autre. Ils ont d’ailleurs des équipements qui ne sont pas utilisés, en absence des compétences.

Bien qu’il y ait des universités, il y a un manque remarquable de compétences en matière de journalisme et d’audiovisuel. Ce qui explique la volonté d’apprentissage que j’ai remarqué chez les participants à mon atelier portant sur la couverture en ligne des élections. Ils voulaient tout apprendre en trois jours.

Quant aux usages des médias sociaux, en Mauritanie, on ne vous demande pas votre compte sur Facebook mais plutôt votre numéro sur WhatsApp. Et moi qui est venue de la Tunisie, là où Facebook est le média social numéro un, je me suis trouée appelée à développer mon usage de WhatsApp pour gagner mes amis Mauritaniens.

Notons ainsi que le Ministère de la Culture, de l’Artisanat et de la Relation avec le Parlement est chargé de la gestion du domaine des médias. J’ai eu l’honneur d’être accueilli par Monsieur le Ministre qui n’a pas arrêté de faire l’éloge de la Tunisie.

Bref, ce pays est en voie de développement et il mérite qu’on développe avec lui nos relations bilatérales. Vous ne pouvez pas imaginer ma joie quand le douanier m’a dit que je ne suis pas appelée à payer le timbre de voyage puisque je vole vers un pays Maghrébin. On devra tenir à cette union et mettre en place des projets communs. Unissons-nous pour faire rayonner notre Afrique !


Remarque : Un remerciement spécial à l’Ambassade la Palestine en Mauritanie pour l’accueil chaleureux. Al Quds n’appartient qu’aux Palestiniens.

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